L'intérêt de l'hypnose

 Très bref historique

Dès l’antiquité, les Chinois, les Grecs et les Égyptiens ont utilisé l’hypnose à dessein thérapeutique. En Occident, les débuts de l’hypnose thérapeutique sont associés à Franz-Anton Mesmer (1734-1815), médecin allemand inventeur de la théorie controversée du magnétisme animal. L’essor de la psychanalyse et le développement des produits chimiques anesthésiants dans la deuxième moitié du 19è siècle vont contribuer à l’éclipse de l’hypnose comme outil du champ médical. Aux Etats-Unis, Milton H. Erickson (1901-1980), psychiatre américain et diplômé en psychologie rénova considérablement le champ clinique de l’hypnose ce qui contribua à donner la reconnaissance qu’actuellement l’hypnose connaît comme approche complémentaire thérapeutique. Dès 1955, la Société Médicale de Grande-Bretagne a reconnu l’hypnose comme une approche médicale et thérapeutique ; en France cette reconnaissance par l’Académie Nationale de Médecine date seulement de 2013.

 

Que peut-on attendre de l’hypnose ?

En 2015, l’INSERM a émis un rapport concernant l’évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose à partir de publications médicales et scientifiques en hypnose qui par ailleurs sont très nombreuses. Ce rapport indique que l’hypnose a un intérêt thérapeutique potentiel et que les données actuelles sont insuffisantes voire décevantes dans la prise en charge de la douleur lors de l’accouchement ou dans la colopathie fonctionnelle. Il existe dans la littérature scientifique (Base pubmed) près de 13 000 articles scientifiques au sujet de l’hypnose. L’hypnose fait l’objet de très nombreuses études et pourtant demeure un phénomène inexpliqué. Il en sera peut être toujours ainsi car il peut être approximatif ou impossible de décrire ce qui est difficilement appréhendable scientifiquement.

Le rapport de l’Inserm reprend les indications de l’hypnose mentionnée par la société française d’hypnose :

 

  • En psychologie et psychiatrie
    • « problèmes d’estime de soi, d’affirmation de soi, de préparation aux examens, gestion du trac dans le domaine artistique, gestion du stress personnel et professionnel, difficultés relationnelles, conjugales, phobies sociales…, anxiété, insomnies, phobies, angoisses, obsessions, tocs, attaques de panique, troubles dépressifs, et apparentés, harcèlements, surmenage professionnel, burn-out… »
  • En psycho traumatologie et victimologie
    • « syndrome post-traumatique, accidents graves, catastrophes, cataclysmes, faits de guerre, attentats, braquages, prise d’otages, choc post-chirurgical, agressions, viols… »
  •  Troubles du comportement alimentaire
    • « boulimie, anorexie, obésité, hyperphagie, … »
  • En addictologie
    • « tabac, alcool, drogues, jeux, internet, sexualité,… »
  • Chez les enfants
    • « énurésie, troubles du sommeil, des apprentissages, affirmation de soi, bégaiement, onychophagie, problèmes relationnels, manque de concentration, hyperactivité… »
  • Troubles psychosomatiques
    • « asthme, hypertension artérielle, migraines, troubles digestifs, urogénitaux, problèmes dermatologiques, rhumatismes… »
  • En sexologie
    • « troubles de la fonction sexuelle éjaculation précoce, absence de désir, de plaisir, troubles de l’érection, dyspareunie, vaginisme… »
  • En neurologie
    • « tics, paralysie faciale, migraines, céphalées… »
  • En pneumologie et ORL
    • « asthme, allergies, rhinites, sinusites, acouphènes, hyperacousie, perte du goût et de l’odorat … »
  • En gastro-entérologie
    • « ulcères, colites, gastrites chroniques… »
  • En cardiologie
    • « certains troubles du rythme, hypertension artérielle, problèmes vasculaires … »
  • En gynécologie et obstétrique
    • « grossesse difficile, nausées, vomissements, accouchement, certaines stérilités, dysménorrhées, problèmes urinaires… »
  • En dermatologie
    • « allergies, psoriasis, urticaire, eczéma, verrues plantaires, onychophagie, hyperhydrose, amélioration de la cicatrisation des brûlures… »
  • En dentisterie
    • « anesthésie, contrôle du saignement, de la salivation, adaptation des prothèses… »
  • Douleurs aiguës ou chroniques
    • « fibromyalgie, membre fantôme, migraines, analgésie, anesthésie… »
  • En soins palliatifs,
    • accompagnement des malades atteints de cancer, du sida, de pathologies graves « soutien psychologique, réduction des effets secondaires des traitements, prolongement et amélioration de la survie, traitement de la douleur… »
  •  Chirurgie et examens médicaux _ anesthésie
    • « utilisée en anesthésie l’hypnose permet de diminuer les drogues et leurs effets indésirables, elle favorise les soins en ambulatoire, elle permet d’accéder avec plus de confort à des examens médicaux tels que fibroscopie, gastroscopie, coloscopie… Elle mettra en confiance le patient en vue d’une intervention chirurgicale. »
  • Dans le domaine sportif
    • « préparation mentale, optimisation du potentiel, récupération, motivation, gestion du stress et des émotions… »
  • Dans le domaine de la prévention
    • « l’hypnose offre l’avantage de sensibiliser le sujet à la notion de santé holistique, l’encourageant à se prendre en charge, à développer ses ressources, ses potentialités grâce à l’autohypnose, par exemple prévenir une crise d’asthme, ou en diminuer l’intensité … »

Note : Pour la paranoïa, il est précisé « quelques exceptions peuvent exister (le thérapeute doit alors être très expérimenté et spécialisé dans les troubles psychiatriques sévères) »